La psychologie des couleurs

par | Fév 18, 2020 | Articles | 0 commentaires

« Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires. » Pierre Dac

Depuis l’antiquité Grecque la couleur est au centre des préoccupations. Les teinturiers, cherchaient à la reproduire et les philosophes à analyser leur impact sur l’humain. Johann Wolfgang Goethe a écrit deux milles pages sur ce sujet dans « Théorie sur la couleur ». De nombreux peintres se sont inspirés de ce texte, comme notamment William Turner. L’idée étant qu’il existe quatre couleurs fondamentales qui s’opposent deux par deux. Le bleu s’oppose au jaune et le rouge au vert.  Descartes a décomposé la lumière à travers un prisme. Isaac Newton s’est inspiré de ces travaux et démontre que le prisme ne produit pas les couleurs, mais les sépare de la lumière blanche. Cette découverte est révolutionnaire. De là, naissent les sept couleurs élémentaires : Rouge, Orange, Jaune, Vert, Bleu, Indigo, Violet. 

Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour que les scientifiques soient unanimement d’accord avec le fait que la couleur est une perception d’une longueur d’onde par notre œil. Chaque couleur à sa longueur d’onde, pourvu qu’elle soit située entre 380 et 780 nanomètres.  Aujourd’hui, on pourrait presque dire que la couleur est « acquise ». Acquise oui, mais depuis combien de temps ? Et bien, depuis moins de cent ans ! Quelques dates pour mémoire : 1932 – Premier dessin animés en couleurs 1935 – Premier film en couleurs 1968 – Introduction de la télévision en couleurs  Étonnant non ? À notre époque on pourrait dire que la couleur n’a plus de secrets pour nous. Il nous est possible de la reproduire et de la décliner dans un nombre infini de teintes et de nuances, sur toutes sortes de matériaux. Il ne restait plus qu’à explorer sa dimension psychologique.  Il faudra attendre le début du vingt-et-unième siècle pour que notre société s’intéresse de près à la couleur et à ses pouvoirs. Qui dit pouvoir, dit argent. Se sont donc les entreprises de marketing qui ont débuté d’étonnantes études autour de l’effet psychologique des couleurs. En voici quelques exemples :

« Lors d’un test de QI à l’université de Rochester, certains élèves avaient leur numéro de candidature écrit au marqueur rouge sur leurs feuilles de test, d’autres au marqueur noir. Résultat : les étudiants dont le numéro était écrit en noir ont répondu à moins de questions, mais ils ont fait peu de fautes. Les étudiants dont le numéro était écrit en rouge ont répondu à plus de questions mais ont fait beaucoup de fautes. En moyenne, les rouges ont obtenu de moins bons scores.  Le Rouge crée un stress qui altère notre raisonnement à notre insu. » (Elliot, Maier, Moller, et al., 2007 – Lichtenfeld S. Maier M. Elliot J. Perkrun R., 2008)

« Un envrionnement rouge augmenterait l’activité bioélectrique dans le corps de 5,8% et la force musculaire de 13,5 %.  ” (Gerard, 1957 – Berlyne, 1960 – Wilson 1966 – Birren 1998 – Robinson, 2004 – Mayer, Bhika, 2014)

“Le temps passe plus vite dans une pièce aux murs de couleurs chaudes comme l’orange ou le Rouge (Smet, 1969). Inversement, sur un écran d’ordinateur, le temps de téléchargement paraît plus court quand les couleurs sont froides (Gorn et al., 2004). Quand les couleurs du fond d’écran est chaude et en particulier rouge, nous avons tendance à surestimer le temps passé devant notre ordinateur. Particulièrement vrai pour les hommes (Shibasaki et al., 2014). C’est pourquoi, les tenues des professeurs de ski sont rouges et souvent celles des montagnards aussi. »