J’ai 46 ans et j’ai acheté une Barbie…

Écrit par Fabienne Ferrari

16 décembre 2021

Mais qu’est-ce qui t’a pris ?

— Bonjour, je m’appelle Fabienne, j’ai 46 ans, je n’ai pas d’enfant et j’ai acheté une Barbie… 

— Bonjour Fabièèèèènne !

Je dois dire qu’au moment de sélectionner ma Barbie, j’étais au téléphone avec une amie et je me rappelle avoir eu un gros doute…

— Je crois que je fais une bêtise là. C’est n’importe quoi cette idée d’acheter une Barbie. Quand j’étais petite, je leur fracassais la tête et leur arrachais les cheveux… Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire avec celle-là, 40 ans plus tard ?

— Mais non Fabienne, si tu as envie de t’acheter une Barbie, vas-y fonce. Fais-toi plaisir !

Et c’est là que j’ai cédé. Le moment le plus cocasse c’était l’échange avec la vendeuse, au moment du paiement…

— J’imagine que vous souhaitez un bon d’échange ?

— Euh… non merci, c’est pour moi ! 

Gros éclats de rire. Bref, vous l’aurez compris, je me suis bien marrée ce matin. À cet achat se sont ajoutés deux pulls burlesques de Noël pour mon mari et moi ainsi qu’un pot de Slim.

Kit de survie pour adulte en perdition

Bon, pour que ce blog ait du sens, je me dois de vous expliquer ce qui m’a amené à ce processus.

La révélation

Il y a un mois de cela, une amie me parlait du livre qui lui a changé sa vie « Libérez votre créativité » de Julia Cameron. Ni une, ni deux, je l’achète et je commence le programme qu’elle propose. Entre autres exercices, il faut écrire trois pages A4 au saut du lit. On écrit tout ce qui passe par la tête. Cet exercice est une torture pour moi. Non pas que je n’aime pas écrire, mais plutôt que j’ai l’impression d’être bloquée. Comme si une part de moi m’était inaccessible. J’ai l’impression que je dois être tout le temps géniale, alors que ce que j’écris est au final très banal. 

Au fur et à mesure du processus, la magie opère. Des idées émergent de souvenirs plus ou moins bons qui me font réaliser que ma vie n’est plus aussi drôle qu’elle ne l’a été un temps. Je me rends compte que depuis toute petite j’aime faire rire les gens et surtout que j’aime rire de moi-même. Mais depuis 20 ans, ma vie est une succession de luttes professionnelles, de postes à responsabilités, de combats avec la maladie, de formations à répétition toutes plus difficiles les unes que les autres. Comme je ne peux plus faire de sport en raison de ma santé, je n’ai plus d’échappatoires. Je me sens coincée et la pression monte. 

Grâce à ce livre, j’ai pu réaliser ce qui manque à ma vie. De la légèreté et des rires. 

Pour moi, la blessure vient de très loin. Vous imaginez bien que si je fracassais mes Barbies et que je décapitais les bébés qui m’étaient généreusement offerts, il devait bien y avoir une raison. Aujourd’hui, j’ai envie de retrouver la petite fille légère et insouciante que j’étais pour l’aider à se reconstruire. Vous me direz… 

— Barbie, mais quel cliché rétrograde et c’est pas très « écolo » non plus ! 

— Ça m’est égal ! À l’époque, l’écologie n’était pas au goût du jour et le hashtag « Balance ta Barbie » n’était pas d’actualité. J’ai besoin de m’immerger, d’explorer, de m’infiltrer dans une partie de ma vie négligée. 

Barbie met le bazar… (reflet de ma chambre d’adolescente)

Le processus

Pour moi, une Barbie, c’est féminin, plein de couleurs flashy et impossible à faire tenir debout. 

Après l’épisode avec la vendeuse, me voilà chez moi avec mes drôles de cadeaux et mon inconditionnelle musique. J’allume le son et je tombe sur une chanson que j’adore, je sors mon trépied et je me filme en train de danser. Je ris toute seule. Qu’est-ce que cela m’avait manqué ! Je programme ma chanson en boucle, je monte le son et je déballe ma Barbie et ses accessoires. 

Je la sort de son emballage avec délicatesse. Celle que j’ai choisie a un chien, moi j’avais un chat… ça fera l’affaire. Je la regarde sous tous les angles, je me rappelle à mon souvenir, que ni ses coudes ni ses genoux ne sont articulés. Cela m’est égal. 

Je me surprends à apprécier ce que je fais. Je l’observe avec soin. J’adore ce modèle avec sa valise et tous ses accessoires (il y a même une brosse à dents et du dentifrice). Je change ses habits, ses souliers, je la mets en scène. Je caresse ses cheveux, j’admire sa silhouette. Je me répare. Je réalise que je n’ai plus cette colère en moi. Que je n’ai pas envie d’exploser ma Barbie. Au contraire, j’ai envie de m’amuser. Je sors mon appareil photo et je fais des mises en scène. Cela fait partie du processus artistique et de réparation. 

Barbie en attente de son avion

C’est difficile de vous expliquer le sentiment de joie et de bonheur qui me parcourent en cet instant. Je me sens bien. Comme apaisée. Je vais même lui préparer un petit coin vers mon bureau pour m’amuser avec elle. 

La reconstruction

Dans mon cas, la guérison vient en partie d’un besoin de reconstruction de ma part féminine, mais aussi de mon enfant intérieur qui a besoin d’être rassuré et encouragé. 

Pour vous, peut-être que la guérison viendra d’une balade à cheval, du goût d’une pâtisserie, d’un jouet retrouvé… . Offrez-vous la chance d’allez mieux. De guérir vos blessures. D’apaiser votre âme. Partez à la découverte de vos besoins profonds, aussi futiles soient-ils. N’ayez pas peur du jugement. On s’en fiche de ce que pensent les autres. Soyez pour une fois votre priorité !

La finalité n’est pas la Barbie, mais le chemin parcouru jusque-là. Ma matinée a été magique. Tellement drôle. Un changement en amenant un autre, j’ai acheté les deux pulls de Noël. Bon, je vais devoir me battre avec mon mari pour qu’il accepte de le porter, mais une bataille après l’autre. Ce matin, j’ai pris conscience qu’il en fallait peu pour que je sois à nouveau connectée avec le rire et la joie de vivre. Me voilà rassurée et encouragée à poursuivre sur la voie magique de la reconstruction par la créativité. 

Barbie à la plage

Profitez de la vie et de ses bonheurs simples. Faites de chaque pas une victoire et ne baissez pas les bras. 

Fabienne Ferrari

leffet-papillon.ch

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2 Commentaires

  1. Marie

    Qu‘est-ce que j’ai ri! Merci 🙂

    Réponse
    • Fabienne Ferrari

      Merci Marie pour ton retour avec le sourire 😉

      Réponse

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